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Jeudi 3 avril 2008

Allez, soyons fous, je me lance dans une discussion philosophique!
Il y a quelques temps j'ai vu une gentille esf toute fraîche qui donnait des questionnaires à remplir aux sf sur l'épisio. Une des questions était grosso modo
"est-ce vous couchez avec des femmes?" De là on suppose les interrogations de l'étude est ce quand on a une petite amie on cherche plus à préserver le corps des femmes, veiller à faire une cicatrice des plus jolies etc... (genre on a pas envie d'avoir un périnée toumosh dans son lit)


Moi je vais élargir ma modeste réflexion en ne limitant pas le verbe aimer  aux relations sexuelles, mais en le prenant dans le sens bisounours humaniste "aimer son prochain". Par ailleurs je vais être restrictive sur la définition d'une bonne sf et associer le qualificatif "bon" à ce que jugent généralement les patitentes: la bienveillance, l'attention etc...

Donc voilà, faut il aimer les femmes pour être une bonne sf? Les professionels qui me marquent le plus à qui j'aimerais ressembler quand je serais grande sont souvent ceux qui ne prenant pas leurs patientes pour des imbéciles et arrivent à les dépatouiller d'une situation émotionnellement compromise en quelques instants. J'ai souvenir ainsi d'une gynéco pour le moins dynamique qui entre en salle de césarienne où se trouve une patiente arrivée à dilatation complète ayant des jumeaux. Le fait d'être en salle de césarienne est une simple précaution, l'accouchement se fera par voie basse, mais bon, tout ceci est plutôt anxiogène pour la madame et à sa vue la gynéco devient tout douce et va gentillement lui parler à son oreille pour lui expliquer en gros ce qui va se passer. Est-ce une preuve d'amour? (Mein Gott j'ai l'impression de parler comme Jésus).

Quand on aime quelqu'un on, on continue à l'aimer malgré ses défauts qu'on arrive à surpasser, voir à les percevoir comme "meugnon". Une femme c'est naturellement chiant, ça passe sa vie à vous appeler pour savoir où vous êtes, ça va se ruiner dans les magasins, ça parle de règles à table et quoique vous fassiez vous avez tort et vous comprenez jamais rien. (je caricature un poil). Comme l'homme, la femme est gouvernée par ses hormones et la femme enceinte en a des tonnes!! La femme enceinte se trouve grosse et pataude, la femme qui accouche est excitée, la femme en suite de couche pleure et déprime. (je caricature toujours). Mais bon une femme enceinte ou qui a accouché avec toutes ces facettes ça peut être mignon aussi. Je me souviens d'une femme qui me posait tout plein de questions du genre "vaut mieux une couverture polaire ou en coton?", d'autres comme si elles passaient un examen sont très désireuses de montrer qu'elles peuvent tout gérer. Je trouve ça rigolo, je tempère et je suis peut-être vieux jeu mais j'ai un certain côté paternaliste avec ces femmes que je ne hais point.

En ce qui concerne le rapport au corps, j'ai entendu dire par une sf (très sympa par ailleurs) à une patiente alors qu'elle s'apprêtait à faire un toucher vaginal: "ne vous inquiétez pas je vais doucement, je suis une femme aussi hein". Je ne suis pas trop d'accord avec ce genre de discours parce qu'êttre une femme n'est pas la condition principale pour ne pas être tortionnaire avec elles surtout que les hommes sf peuvent aussi faire des examens gynéco "non traumatiques". D'un autre côté, certaines femmes (comme certains hommes aussi) peuvent sembler plus sportives, peut-être parce qu'elles se disent "ué bon un TV j'en ai eu aussi c'est pas la mort hein". De là on retombe sur l'amour (Jesus in my mind). Etre un homme ou une femme importe peu, il faudrait alors aimer la femme et son corps pour le préserver.

Doit-on alors différencier le sentiment d'amour et la notion de respect? Si j'étais vieux jeu jusqu'au bout, je dirais qu'un professionel de santé doit être neutre et objectif envers ses patients, savoir être en retrait et l'écarter de ses sentiments et ainsi faire du respect son mot fétiche. On n'est pas obligé d'aimer pour respecter. Un professionel qui respecte et n'aime pas est-il meilleur qu'un qui aime et respecte en même temps? Quels sont leurs différences de comportement? Même si je reste objective j'aime quand même mes patientes avec leurs idées parfois biscornues et leur corps que je m'effroce de respecter comme il se doit. Mais au final est-ce que ce n'est pas par amour du travail bien fait et du statut de soignant (c'est à dire finalement l'amour envers moi même et ce que je représente/donne à représenter) que j'en arrive à "aimer les femmes"? Je m'aime moi, j'aime qu'on m'aime donc j'aime faire du bon boulot donc j'aime celles qui me permettent finalement d'exister en tant que schiz, esf. Vous suivez? C'est tordu hein? C'est une hypothèse mais elle ne doit être que partiellement vrai que je ne me résume pas à ma caractéristique d'esf et les femmes ne se résument pas à celle plus ou moins encinte que je croise dans mes périgrinations scolaires.


Quoiqu'il en soit ce n'est pas la réponse qui compte mais le fait de cheminer dans une réflexion. D'abord parce que ça m'amuse et ensuite parce que.... ça m'amuse! :o) (en fait je suis un tit n'enfant qui n'a pas dépassé le satde du "et pourquoooooooi?") :o]
 
par schiz publié dans : Travail
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