8h, début de la garde, la sage-femme vient me chercher pour rentrer en salle 1. A l'intérieur se trouve une femme en travail et une demi-douzaine de personnes
autour d'elle qui lui parlent. Apparement elle a très mal, la péridurale ne fait pas encore son effet, les anesthésistes et tout le personnel
médical essaient de la calmer. Moi un peu gênée regarde son dossier. La sage-femme me dit sèchement d'aller me présenter à la patiente. Hum... armée de mon sabre laser je me freille un passage à
travers tout le personnel et à côté de la patient criant qu'elle ne veut plus accoucher, je lui chuchote que je suis schiz, étudiante sf ce à quoi elle me répond "j'ai mal"... je me doutais bien
qu'à ce moment là elle se foutait un peu de qui j'étais et qu'elle voulait essentiellement le calme.
8h10 Tout le petit monde s'en va, je reste seule avec la sf et la patiente. Félindra, la sf discute, oui elle va bientôt être soulagée, oui on a réinjecté un bolus de péridurale. Elle est gentille avec la patiente alors je me dis qu'en vrai elle ne doit pas être tortionnaire avec les étudiants. Puis elle s'en va en m'ayant préalablement demandé de remplir le dossier d'accouchement. Chouette, on venait justement de m'expliquer comment on devait remplir ce dossier lors de la garde précédente. J'essaie tout d'abord de parler avec la gentille madame à ma charge de lui sortir ma super phrase qui passe à des kilomètres au dessus de la tête des gens qui souffrent mais bon, je la dis quand même en espérant qu'avec le temps j'améliorerai la formulation et qu'elle évitera de passer d'une oreille à l'autre en 10 secondes. Cette phrase je la change à chaque fois en fonction du contexte, de la position de la lune et de mes hormones mais il y a toujours les même élements dedans: ce sont les contractions qui font mal, elles durent toujours une minute et sur cette minute ce n'est que le pic qui est douloureux. Se concentrer sur la douleur l'augmente, donc lorsqu'on ressent une contraction arriver il faut tenter de penser à autre chose, quelque chose d'agréable.
Bon, je décide de remplir le dossier dans la chambre, oh et puis tant qu'à faire je commence également le partogramme (c'est le graphique qui représente l'accouchement). Félindra revient, voit que tout va bien, repart.
La patiente commence à mieux supporter la douleur, entre les contractions elle est calme, pendant les contractions elle essaie de penser à autre chose... On commence un peu parler du déroulement de la grossesse (oui j'ai toujours mon dossier à remplir moi), du bébé toussa.
Félindra revient avec sa cape qu'elle fait tourner au vent (en vrai ce n'est qu'une surblouse, on se caille dans le bloc). La patiente lui pose des questions sur l'épisiotomie ce à quoi elle répond qu'elle n'est pas fan, elle précise également à la patiente que si elle est farouchement contre elle n'en fera pas sans son accord. Une autre question est posée si le bébé a du mal à sortir, qu'est-ce qu'on fait? Félindra répond qu'elle n'est pas non plus d'adepte de l'expression utérine (le fait d'appuyer très très fort sur le ventre de la maman) et qu'elle préfère dans ce cas appeler le gynéco pour qu'il aide le bébé à sortir (extraction instrumentale). Je souris. On examine ensuite la patiente puis je remplis le partogramme dans un coin de la pièce. Félindra me rejoint quelques secondes plus tard et me dis qu'elle trouve que je m'en sors bien, s'excuse un peu du début de la garde "chaotique". Plus tard je lui expliquerai que pour moi il n'y avait pas urgence à me présenter à la dame alors qu'elle avait mal, que des tas de gens lui parlaient en même temps. A mon avis, rajouter encore un interlocuteur à ce moment précis n'apporte rien à la patiente. Elle me répondra qu'elle comprend mon point de vue.
Les minutes filent et je m'aperçois qu'on peut maintenant compter le temps que je suis restée dans la chambre en heures! La madame va bien, le futur papa qui est là aussi, je décide de voir à l'extérieur de la salle qu'elle temps il fait. Bon, le bloc obstétrical ne s'est pas écroulé.
La patiente accouchera quelques heures plus tard avec le papa, Félindra, moi et un périnée intact (la fierté de la sage-femme ^_^).
A la fin de la garde et un accouchement beaucoup plus sportif après plus quelques patientes à installer 10 minutes avant le changement d'équipe, je quittais le bloc et Félindra avec regret. Le courant passait bien mais malheureusement je n'ai plus jamais retravaillé avec elle.
NB: les lieux, les dates et les prénoms sont fictifs, certains éléments sont inspirés de faits réels mais considérez ce récit comme fictif également tant qu'à faire!
PS: Je suis tombée sur cette imposture.... intéressante et comme on a peut être une pharmacienne sous la main (éosine?). Dans ma tête le pharmacien est co-responsable lorsqu'il délivre une ordonnance et à le droit de refuser la délivrance d'un médicament non? (par opposition à un commerçant quelconque qui ne peut pas refuser une vente sauf lois encadrant cette dite vente)
8h10 Tout le petit monde s'en va, je reste seule avec la sf et la patiente. Félindra, la sf discute, oui elle va bientôt être soulagée, oui on a réinjecté un bolus de péridurale. Elle est gentille avec la patiente alors je me dis qu'en vrai elle ne doit pas être tortionnaire avec les étudiants. Puis elle s'en va en m'ayant préalablement demandé de remplir le dossier d'accouchement. Chouette, on venait justement de m'expliquer comment on devait remplir ce dossier lors de la garde précédente. J'essaie tout d'abord de parler avec la gentille madame à ma charge de lui sortir ma super phrase qui passe à des kilomètres au dessus de la tête des gens qui souffrent mais bon, je la dis quand même en espérant qu'avec le temps j'améliorerai la formulation et qu'elle évitera de passer d'une oreille à l'autre en 10 secondes. Cette phrase je la change à chaque fois en fonction du contexte, de la position de la lune et de mes hormones mais il y a toujours les même élements dedans: ce sont les contractions qui font mal, elles durent toujours une minute et sur cette minute ce n'est que le pic qui est douloureux. Se concentrer sur la douleur l'augmente, donc lorsqu'on ressent une contraction arriver il faut tenter de penser à autre chose, quelque chose d'agréable.
Bon, je décide de remplir le dossier dans la chambre, oh et puis tant qu'à faire je commence également le partogramme (c'est le graphique qui représente l'accouchement). Félindra revient, voit que tout va bien, repart.
La patiente commence à mieux supporter la douleur, entre les contractions elle est calme, pendant les contractions elle essaie de penser à autre chose... On commence un peu parler du déroulement de la grossesse (oui j'ai toujours mon dossier à remplir moi), du bébé toussa.
Félindra revient avec sa cape qu'elle fait tourner au vent (en vrai ce n'est qu'une surblouse, on se caille dans le bloc). La patiente lui pose des questions sur l'épisiotomie ce à quoi elle répond qu'elle n'est pas fan, elle précise également à la patiente que si elle est farouchement contre elle n'en fera pas sans son accord. Une autre question est posée si le bébé a du mal à sortir, qu'est-ce qu'on fait? Félindra répond qu'elle n'est pas non plus d'adepte de l'expression utérine (le fait d'appuyer très très fort sur le ventre de la maman) et qu'elle préfère dans ce cas appeler le gynéco pour qu'il aide le bébé à sortir (extraction instrumentale). Je souris. On examine ensuite la patiente puis je remplis le partogramme dans un coin de la pièce. Félindra me rejoint quelques secondes plus tard et me dis qu'elle trouve que je m'en sors bien, s'excuse un peu du début de la garde "chaotique". Plus tard je lui expliquerai que pour moi il n'y avait pas urgence à me présenter à la dame alors qu'elle avait mal, que des tas de gens lui parlaient en même temps. A mon avis, rajouter encore un interlocuteur à ce moment précis n'apporte rien à la patiente. Elle me répondra qu'elle comprend mon point de vue.
Les minutes filent et je m'aperçois qu'on peut maintenant compter le temps que je suis restée dans la chambre en heures! La madame va bien, le futur papa qui est là aussi, je décide de voir à l'extérieur de la salle qu'elle temps il fait. Bon, le bloc obstétrical ne s'est pas écroulé.
La patiente accouchera quelques heures plus tard avec le papa, Félindra, moi et un périnée intact (la fierté de la sage-femme ^_^).
A la fin de la garde et un accouchement beaucoup plus sportif après plus quelques patientes à installer 10 minutes avant le changement d'équipe, je quittais le bloc et Félindra avec regret. Le courant passait bien mais malheureusement je n'ai plus jamais retravaillé avec elle.
NB: les lieux, les dates et les prénoms sont fictifs, certains éléments sont inspirés de faits réels mais considérez ce récit comme fictif également tant qu'à faire!
PS: Je suis tombée sur cette imposture.... intéressante et comme on a peut être une pharmacienne sous la main (éosine?). Dans ma tête le pharmacien est co-responsable lorsqu'il délivre une ordonnance et à le droit de refuser la délivrance d'un médicament non? (par opposition à un commerçant quelconque qui ne peut pas refuser une vente sauf lois encadrant cette dite vente)
Commentaires
Ah, et au niveau des responsabilités : si le médecin prescrit une ordonnance ac contre-indications non relevées par la pharmacien, c'est le pharmacien qui est responsable, pas le médecin.
DE même, si une infirmière injecte ou donne une prescription comportant une erreur, c'est elle qui sera la plus sanctionnée pénalement.
DE même, si une infirmière injecte ou donne une prescription comportant une erreur, c'est elle qui sera la plus sanctionnée pénalement.
commentaire n° : 2 posté par : Eosine (site web) le: 30/12/2007 13:26:54
En ce qui concerne le secret médical, en tant que sage-femme on nous apprend que la seule exception c'est lorsqu'on doit certififer d'une naissance alors que les parents n'ont pas fait la déclaration.
S'il y a trop d'exceptions au secret il n'y aura plus de confiance entre le professionel de santé et le malade. Lorsqu'on rentre dans un cabinet ou autre on passe un contrat avec le professionel qui nous garantit d'être pris en charge au mieux et si on ne veut pas que quelque chose s'ébruite car on pense que c'est le mieux pour nous c'est notre droit, à charge pour le médecin ou autre de nous convaincre de l'inverse. C'est comme le cas où l'on reçoit un couple dont on sait qu'un des membre a une MST mortelle et le cache à l'autre on ne peut rien dire... on est censé réussir à convaincre la personne d'en parler à ses partenaires... Maintenant on peut toujours discuter avec les gens, les amener à réfléchir...
S'il y a trop d'exceptions au secret il n'y aura plus de confiance entre le professionel de santé et le malade. Lorsqu'on rentre dans un cabinet ou autre on passe un contrat avec le professionel qui nous garantit d'être pris en charge au mieux et si on ne veut pas que quelque chose s'ébruite car on pense que c'est le mieux pour nous c'est notre droit, à charge pour le médecin ou autre de nous convaincre de l'inverse. C'est comme le cas où l'on reçoit un couple dont on sait qu'un des membre a une MST mortelle et le cache à l'autre on ne peut rien dire... on est censé réussir à convaincre la personne d'en parler à ses partenaires... Maintenant on peut toujours discuter avec les gens, les amener à réfléchir...
commentaire n° : 3 posté par : schiz le: 30/12/2007 14:10:25
Oui dans ce cas là, enfin ce sont des cas de figure différents à mon avis....
commentaire n° : 4 posté par : Eosine (site web) le: 30/12/2007 16:06:39
pour un médecin je crois que le seul cas où le secret est levé, c'est la maltraitance à enfant (faudrait que je vérifie)
et je crois à la nécessité du secret : sinon , il n'y a plus de limite
en fait, c'est mathématique : tout ce qui n'est pas A est non-A
ou comme disait un prof de médecine légale : nos lois sont plus anciennes que les leurs (les juristes), et changent moins souvent
commentaire n° : 5 posté par : le toubib le: 04/01/2008 18:04:30





Oui oui, on a le droit de refuser une délivrance. Lorsqu'on bosse correctement, ça arrive régulièrement. Effectivement, nous sommes les seuls "commerçants" à pouvoir refuser une vente, dans l'intéret du patient.
(Et effectivement, j'aurai refusé...)
Allez, un cas qui m'a turlupiné un moment : une collègue a fait son stage ds une pharma. Au dessus habitait une assistante maternelle, dont le compagnon/mari se piquait à l'héroïne. Les patrons ne faisaient rien, secret médical oblige. Ca m'a fait bondir !
Que fait-on, entre le secret médical, et la non-assistance à personnes en danger ? 'Enfants en +, en l'occurence.
J'en ai discuté ac une copine assistante sociale : dans ce cas là, pas de secret médical qui tienne, trop de risques, protection des enfants d'abord.