Samedi 31 mai 2008
En règle générale j'évite d'haïr les gens. Haïr demande une énergie importante qui se révèle finalement se perdre dans les méandres de nos synapses abyssales. Il est préférable de jouer l'indifférence. Ainsi à l'auxi relou qui souffle parce que ça fait quelques heures que je suis là et je ne connais pas par coeur la disposition de la salle d'accouchement je ne dirais rien, je ne hais point...ce qui ne m'empêchera pas de saluer gentillement les autres gens qui me disent bonjour avec sympathie puis elle, par simple politesse et si elle est un peu observatrice elle remarquera alors que ses petites manifestations de mauvaise humeur me gonflent, poliement :o).

De même le gynéco, que dis-je, le monarque de l'empire obstétrical, sérieux, froid, surpris lorsqu'il voit sur un dossier qu'une sf libérale ose suivre une grossesse et qui éteind la radio jouant Cyndi Lauper tout bas, je ne le hais point. A la limite, sa hargne radiophonique me ferait presque rire.

Lorsqu'il s'agit de moi je me trouve dans une situation plus tendue. Globalement, je ne me hais pas, mais ponctuellement, sur des situations où je fais des erreurs importantes je ne peux pas m'être indifférente. J'ai ainsi en déjà 2 ans de vie hospitaliière un petit bagage d'erreurs qui me font ch***. Rien de dramatique mais bon, jamais agréable d'être iatrogène en même temps si je savais tout faire parfaitement j'enlèverais le "e" de esf hein. Point positif, une fois qu'on voit le mauvais résultat d'une pratique on'a pas envie de la refaire quoiqu'en dise la sf derrière nous.
Petit exemple pratique, une fois une sf m'a presque engueulé parce que je voulais retenir la tête de bébé avec toute ma main alors qu'elle était au "petit couronnement" (pour donner une idée on voit sa tête dans un diamètre de 3-4cm environ), ok, j'ai rien fait, tout c'est bien passé. Une autre fois une autre sf m'a dit "piioouf t'as le temps retiens avec 3 doigts", tout s'est bien passé. Une autre fois une autre sf ne me dit rien, j'avais en tête toutes les sf qui me disaient de ne pas retenir avec toute la main mais on ne sait (enfin "je ne sais") jamais vraiment ce qui peut se passer et quand la madame pousse vraiment fort on n'a pas vraiment de stade "ouai sympa je controle avec un doigt" puis "oui sympa j'ai le temps de placer tranquilou toute la main" et du coup on est surpris par la tête qui arrive un peu trop vite pour le périnée. D'où une déchirure, d'où une sf qui me fait "ouai ben on ne retient pas une tête avec les doigts meuh avec la main" (et en fait elle a raison, on n'a pas vraiment de force face à une maman qui pousse si on utilise pas la main et le biceps) .
Alors tant pis si je me fais engueuler de pas retenir juste avec la force du petit doigt mais voilà quoi. Je me doute bien que ça doit dépendre des situations et qu'une primi sous péri a moins de chance de sortir le bébé super vite qu'une 4ème sans analgésie mais tant que je n'aurais pas 2468434643 accouchements derrière moi il vaut mieux dans un premier temps faire avec une technique "safe" à tous les coups kit à ce que la sf me dise plus ou moins fermement "naaaaaaaaaaaaaaaaaaan fais pas comme caaaaaaaaaa" auquel cas j'ajusterai.

Ainsi, certaines situations échaudent un peu la frêle esf que je suis, comme la fracture de l'humérus sur un Couderc approximatif que j'ai vu un jour. Le Couderc est une manoeuvre qui consiste, un fois la tête sortie, à dégager le bras anérieur du bébé pour facilité la sortie de l'épaule antérieure. Au CHU on nous le fait faire plus ou moins en systématique pour nous apprendre à bien l'exécuter et ainsi éviter une fracture de l'humérus qui survient lorsqu'on crochette le bras au lieu de l'accompagner. Le risque de fracture je l'avais en tête à chaque fois que je le faisais alors bon je m'appliquais hein, mais une fois qu'on a vu en vrai le résultat si c'est pas nickel, ça jette un froid. (je précise pour ceux qui en douteraient à ce stade que non, je ne suis pas la personne du Couderc malheureux, qui d'ailleurs à était fait car les épaules avaient du mal à sortir). Du coup les Couderc systématiques je les faisais que si on me le demandait parce que j'avais ce risque bien en tête et si je devais casser un humérus je ne serais vraiment pas fière. Ceci dit, c'est important de savoir faire les choses quand tout va bien, parce ce n'est pas lorsque les épaules sont bien coincées et qu'on aurait besoin d'un peu d'espace en plus qu'on va apprendre sereinement à manoeuvrer. Or, c'est justement lorsqu'on n'est plus "serein", qu'on s'énerve, qu'on fait des conneries.


Pour finir et pour illustrer que je ne hais point voici donc un texte écrit dans le cadre de
fulgures prônant l'amour Universel (^_^)' MUAHAHAHAHAHAH! D'ailleurs l'erreur, assumée, de ce texte est que ne pas avoir envie d'aimer et haïr sont deux choses différentes. On a donc un bel exemple de narrateur hypocrite:

Tu me regardes les yeux harassés
Je m’amuse d’avoir si peu envie
De t’aimer.

Et tu peux bien réparer la clôture
Vidanger la voiture
Voler Excalibur
J’ai toujours l’envie de te mettre ici,
Aux ordures.

A l’ouïe de tes cris
J’aurais presque envie
D’éventrer la beine
Moi-même.

Pardon mon ennemi
Si je te mets en peine :
Mais « Je te hais »

Et tu peux sortir ton gun
La jouer amant fashion
Appuyer même pour de vrai
Je te hais.

Tes plans minutieusement réfléchis
Ne me donnent pas plus envie
De t’aimer.

Pardon mon ennemi
Admire la réalité
Je te hais.

Au loin entends mes profonds sourires
Je m'amuse d'avoir si peu envie
De t'aimer.


 

Calendrier

Mai 2008
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  
<< < > >>

Newsletter

Inscription à la newsletter
 
 
Blog : Religions sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus