Mardi 29 mai 2007
Bon, la dernière semaine de cours avançant doucement, plus qu'un stage avant les vacances puis les deux stages d'été, il est temps de faire un mi-bilan, enfin plutot un deux-tiers de bilan.

Que cette année fut chargée et pourtant écoulée à une vitesse approchant celle d'une sorcière sur son balai fuyant le bûcher. Je suis rentrée en septembre à l'école, je ne savais pas grand chose, je me retrouve maintenant, je suis loin de tout savoir mais je me débrouille déjà mieux. Ce qui est stressant dans cette formation c'est l'effet "plongeoir" répétitif. Je m'explique.

A la rentrée youpi, c'est tout beau, les sf nous breiffent un peu sur ce qui nous attend, on fait quelques TP pour ne pas se retrouver paumé à thromboser les couloirs hospitaliers, on a quelques cours et hop, trois semaines après on se retrouve propulsé à l'hôpital, milieu hostile car inconnu. De là, il faudra vite s'aclimater car on a des objectifs de stages assez précis et nombreux qui ne nous permettent pas de regarder l'architecture du plafond trop longtemps. On n'a jamais tenu une seringue de sa vie et zouh, on pique, on n'a jamais d'autres pansements que les bandes mercurochrome (le pansement des héros) zouh, nous v'là à assister à la réfection du bandage d'un pied en décomposition chez une personne à qui il manque un certains nombres de bouts de membres. Vous n'aviez jamais vu quelqu'un de proche mort? Il se peut qu'un de vos premier patient décède, ça compense. Et puis, on a peur de faire mal? De rater? De faire une connerie qui puisse tuer le patient? Ben uep....mais faut faire quand même. C'est ça l'effet plongeoir, se jetter à l'eau. Au début tout est nouveau alors forcément à chaque stage faut s'y mettre, mais petit à petit on retrouve des éléments communs.

Moi par exemple (oui moi, toujours moi), à mon premier stage, (c'était un stage de médecine loin d'être gai), les premiers jours, je me sentais un peu comme E.T. se réveillant sur la Terre et quand j'y repense, ça me fait sourire, j'avais "peur" de faire des trucs qui me paraissent aujourd'hui tout con. A mon deuxième stage, je me repérais déjà un peu plus et j'ai tenté de bien avancer dans mes objectifs de chose à faire, si bien que j'ai remarqué qu'avec beaucoup de professionels, si on répond non à la question "t'as déjà fais ça?/tu sais faire ça?" et bien ils aquièscent et ne te l'apprennent pas pour autant. D'où forte tentation de répondre oui et d'y aller tout seul lorsqu'on a déjà vu faire le geste plein de fois sans avoir pu sois même le faire...erm erm. Heureusement, il y a aussi des gens qui veulent bien qu'on fasse même si on n'a jamais fait, na! Mais depuis j'ai trouvé la parade, je ne réponds plus "non", j'enjolive du style "je connais le principe" etc etc....que notre non-savoir se transforme en savoir incomplet. Positivons notre incompétence! Le professionnel sera ainsi plus enclin à nous laisser jouer.

A mon troisième stage, rohlala, trop bien. Je me suis tout de suite sentie à l'aise avec l'équipe habituée à avoir des étudiants et à s'en occuper, j'arrivais à planifier ce qu'il y allait avoir à faire, ce qui est très rassurant car on sait où l'on met les pieds. C'était mon premier stage en maternité et ma foi ça me changeait des nécroses et des plaies purulentes même si je devais abondonner, non sans un certains regret, les mamies toute gentilles qui peuplent les hôpitaux.

Puis les stages suivants, patatra, autre univers inconnu à intégrer: le bloc! Le stérile/pas stérile, penser au chemin qu'on va effectuer pour aller d'un bout à l'autre de la pièce en assimilant les divers positions des personnes stériles et les divers mouvements qu'elles pourraient faire pile lorsque tu vas passer près d'elles. Les femmes enceintes et leur ventre plein de bosses que l'on doit transformer en "tenez ça c'est sa tête, ça c'est son pied, ça ce sont ses fesses", leur col que l'on doit mesurer au "feeling" lorsque par chance on arrive à sentir autre chose que que.... que ce qu'on ne sait même pas ce que c'est :p Pas évident.

Puis là le stage que je viens d'effectuer, retour dans ce que je connais, le service. Dès le deuxième jour je me repère facilement, j'arrive à me projeter dans les divers soins que je devrais faire durant la journée, au cours du stage je les ferais même machinalement en avisant l'infirmière occupée ailleurs que "c'est fait, c'est coché" (oui dès qu'on a le malheur de faire quelque chose, on doit écrire quelque part, au mieux c'est une croix, au pire c'est une dissertation de 15 pages). Je sais en faire la plus part des gestes "techniques", rassurée par ce que je sais déjà faire  je n'ai plus vraiment peur d'apprendre ce que je ne sais pas. Par contre je connais très peu les pathologies du service et je suis souvent frustrée par les diagnostics qui trainent, les patients qui un jour attendent des résultats d'analyses, le lendemain sont isolés car leur état ne s'améliore pas donc on pense à des germes moins courants, plus dangereux/contagieux, puis ils s'en vont dans d'autres services et nous on ne sait toujours rien.

Voilà, depuis le début de l'année j'évolue, à ce qu'il paraît, l'an prochain d'autres "effet plongeoir" sont à prévoir, pas vraiment parce que les terrains sont inconnus, mais parce qu'en maternité (là où se trouvera la quasi totalité des stages) les sf s'attendront à ce qu'on sache faire pas mal de choses et qu'on ne mettent pas trois heures à les faire. Nous ne sommes plus les pauvres pitits étudiants qui découvrent le monde. Nous verrons bien, en tout cas [mode égocentrique on] moi chui trop une warrior, pi l'image illustrant l'article est grave contractuelle hein :op[mode égocentrique pause]

 

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