Petit à petit j’arrive à fonctionner dans ce bloc obstétrical -j’espère- être de moins en moins boulet. Certaines femmes sont impressionnées par les moyens techniques mis à disposition, les fils, les ordinateurs, les électrodes. Du coup, lorsque j’arrive pour brancher le bazar elles me prennent pour quelqu’un de callé qui sait ce qu’il fait (my god). Je modère alors leurs ardeurs tout en gardant à l’esprit un certain « uéééé elle a confiance en moi c’est bieeeen », avoir une patiente qui ne me prend pas pour une stagiaire incapable ça aide et ça permet un point d’accroche positif si par malheur on vit des heures difficiles à l’hôpital.
J’ai vécu ainsi quelques gardes où je me trouvais face à des patientes relativement demandeuses en explications et présence, où j’ai pu passer un peu de temps avec elles et qui paraissaient contentes de m’avoir à leur accouchement. Mine de rien ça fait plaisir.
En ce qui concerne les compétences techniques, sans rentrer dans les détails, je « kiffe pas trop » (comme disent les jeunes) placer les capteurs internes pour enregistrer contractions et rythme cardiaque fœtal. Bon, il faut savoir le faire alors j’apprends hein, mais voilà…
L’aspect vie sociale de ces semaines de stage est lui plutôt « rigolo » (oui j’ai bien mis les guillemets). Tout d’abord on fait des nuits. Au début c’est un peu l’angoisse, vais-je réussir à ne pas dormir entre 20h et 8h ? Pauvres naïfs, c’est sans compter la grande réunion le matin où les dossiers du jour sont présentés par s-f, étudiants s-f et internes, aux médecins pour qu’on discute tous ensemble sur la prise en charge toussa toussa. Intéressant hein, mais du coup notre nuit c’est plutôt 20h-9h15, un plaisir lorsqu’on doit revenir le soir J (oui je sais, j’aurais du travailler à la SNCF). Finalement, les nuits, ne me demandez pas pourquoi, mais on arrive à tenir. Si c’est calme on se ballade dans les couloirs avec les autres étudiants pour remplir un peu les salles de tout ce qu’il faut tout en entamant des discussions philosophiques du genre « oh là il manque deux seringues de 10cc *rires de fatigue* », c’est agréable de pouvoir ainsi se retrouver. C’est l’ambiance plus détendue et le fait de ne pas devoir se lever tôt le matin qui malgré ses gros inconvénients (vivre en décalé, staff qui nous fait retrouver son lit tard le matin…) me ferait bien préférer la garde de nuit à la garde de jour. En fait, il me faudrait le travail de la nuit transposé en journée mais sans devoir se lever tôt :) (ben oui c’est bientôt Noël je profite).
Voilà je vais m’arrêter là. Non je n’ai toujours pas internet, oui c’est loooooonnnng.
Très touchée par vos nombreux messages désespérés (fant4zy merci) je m’échappe des flammes de l’enfer cybernétique qui me coupe d’Internet et accessoirement bousille mon disque dur (bien que les deux événements ne soient absolument pas liés) pour vous donner un petit signe de vie.
Donc voilà, je me retrouve en stage en salle de naissance dans un immeeeeeennnse bloc obstétrical (ça change du petit placard de la dernière fois où toute l’équipe de garde se retrouvait autour d’un lit et d’un bureau). A vrai dire, je m’étonne un peu moi-même : j’arrive à me repérer dans ce joli labyrinthe fait de sas, de portes tantôt électriques, tantôt manuelles, et de fosses aux crocodiles mangeurs de chairs humaines (chercher l’erreur). J’ai malgré tout la désagréable sensation de recommencer à zéro et d’être un gros boulet. Là bas on ne fait pas comme ailleurs par exemple, on met masque, bonnet, étriers pour examiner les dames. La première fois qu’on m’a dit « va préparer le patiente pour l’examiner » je me suis demandé « gné ? », ça fait un peu grande expédition à renouveler toutes les heures alors que je m’étais habituée à simplement enfiler un doigtier (voir un masque pour éviter la contamination de la patiente par streptocoque A, certes très rare, mais mourir à cause de ça ce serait franchement bête). Et bien sûr, il y a toutes les petites machines qui me sont inconnues et qui là bas poussent à foison : le monitoring interne (qui permet à la patiente de « bouger comme elle le veut » sans avoir les capteurs attachés sur le ventre, sauf que la plupart du temps la péridurale limite fortement ses mouvements, le pH au scalp fœtal qui permet (corrélé à l’analyse de son rythme cardiaque) de voir s’il faut vite partir en césarienne, dans une extraction instrumentale ou si on peut se laisser un peu de temps. (je pense que si on réfléchi bien à son indication et sur ce que le résultat va nous apporter de plus par rapport à l’analyse du rythme fœtal ça peut être un bon outil face à des situations limites) Bref, on a de gros moyens techniques, les étudiants peuvent ainsi se former à des actes qu’on ne retrouve pas ailleurs mais comme toujours il faut veiller à limiter la iatrogénie, c'est-à-dire faire que chaque acte apporte plus de bien que de mal.
Sinon, pendant les gardes je suis souvent bien occupée si bien que je vois rarement les autres étudiants en stage avec moi o_O. Il y a également des internes gentils, on voit souvent ceux d’anesthésie (péridurale oblige), les gynéco-obst se font plus rares vu qu’ils interviennent pour les extractions instrumentale et les césariennes. Du coup la nuit l’anesthésiste virevolte dans le bloc et le gynéco…euh…dort ? Je n’ai pour l’instant pas fait beaucoup de nuits mais ça ressemble un peu à l’ambiance du week-end, moins de monde, ambiance plus détendue, on verra si ça continu ainsi.
Sur ce, bon week-end.
Reviens bientot stop
Screugneuhgneuh terminé.




