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Mardi 30 octobre 2007
S'installer en libéral, c'est bien, on fait ce qu'on veut.
S'installer en libéral c'est mal, les gens font ce qu'ils veulent.

Une sf libérale peut faire plein de trucs:
-les consultations prénatales, une tous les mois (15 euros)
-les cours de préparation à la naissance (30 euros de l'heure et la sécu rembourse 8h)
-la rééducation du périnée (?? euros)
-les suites de couches à domicile (jusqu'à 12 jours après l'accouchement la sécu rembourse les visites de la sage-femme).
-le suivi de grossesse pathologique à domicile, la sage-femme passe vous voir en général une fois par semaine voir plus si affinité (prix d'une consultation normale et la sage-femme doit payer la bandelette urinaire -2 à 3 euros-, le monitoring -petite fortune rien qu'à la location et galère de disponibilté- et bien sûr l'essence/le temps qui est évidemment de l'argent).
Si une sage-femme fait une consultation à domicile cela ne doit au final pas lui rapporter grand chose

Détournons nous maintenant de l'aspect financier de la chose, l'argent c'est sale. Un des principaux atouts du libéral (ou de faire ce qu'on veut) doit être le suivi des patientes. Là où en salle de naissance par exemple on ne connait que rarement la femme qui vient frapper à la porte le suivi libéral (notamment les grossesses patho où on revient souvent) permet de connaitre la personne, son environnement, ses attentes, comment le bébé sera accueilli. En cours de préparation à la naissance on peut agir en amont et prévenir la femme enceinte de tous les désagréments qu'elle pourra rencontrer en maternité et peut-être éviter qu'elle se retrouve enchaînée sur le lit au monitoring et au pied à perfusion, à jeûn des heures et des heures alors que tout reste dans le physiologique.
Dans un monde parfait c'est choses là devraient au moins être un peu possible à l'hôpital, notamment en consultation. Je vous l'ai déjà dit, je suis toujours étonnée de voir des femmes presque au terme de leur grossesse qui ne savent pas vraiment comment marche un monitoring.

En libéral on peut même faire de vraies suites de couches. Souvent à l'hôpital le service de suites de couches c'est un peu le mal-aimé...et pour cause... Si tout va bien, pour un accouchement voie basse les femmes y restent trois jours ce qui nous laisse extrêment peu de temps pour donner aux femmes tous les atouts pour que le retour à la maison soit youpi youpi. L'allaitement en est un exemple des plus flagrant, trois jours....erm erm...la mère vient à peine d'avoir la montée de lait et zoup lâchée dans la nature avec une valise pleine de conseils répétés en boucle pendant trois jours que le premier elle regardait son enfant et appelait tous ses amis, le second elle avait un gros coup de pompe et le troisième elle faisait ses valises et étudiait comment marchait le siège auto, le tout saupoudré  de visites interminables tout au long du séjour. (je suis une grande optimiste hein? :p).

En libéral le truc pas du tout génial ce sont les gens qui prennent rendez-vous et finalement ne viennent pas, ne préviennent pas, ou carrément sont censé nous recevoir chez eux et on reste comme des cons devant le palier sans que personne ne vienne nous ouvrir...putain quand même, nos 15 euros moins impots, moins bandelettes, moins monito, moins cout du lecteur carte vitale, moins cout du doppler,  moins cout de l'essence quoi! *rires* *rires*.

Donc voilà je n'ai certainement pas fait le tour de l'exercice libéral ici mais c'est déjà bien pour le moment, vous pouvez envoyer vos dons en me contacter via le lien me contacter à la gauche de votre écran. Cette semaine, je suis capitaliste moi!


Money money money...
Samedi 27 octobre 2007
Raah, à vous, je peux vous le dire. je suis très remontée contre la société américo-capitaliste de consommation dont je fais partie. Rendez vous compte, on me force à manger au mc donald toutes les semaines alors qu'un repas là-bas c'est gras, sucré et rempli de bactéries :]. On me force? Ben vi... l'enseigne a décidé de remettre le burger ultime (et malheureusement temporaire): le 280. J'ai gouté diverses versions proposées (et valable seulement une semaine): fromage, moutarde et recette originale. Fromage miam miam so fondant. Moutarde yum yum, agréable palliatif à la malheureusement abscence de cornichons. Recette originale: ça se laisse avaler. Pour le poivre, j'ai passé mon tour.

La socitété de consommation m'a également forcé à acheter un nouveaux tome de City Hunter (aka Nicky Larson) au prix totalement prohibitif de 9,95 euros mais bon, ça faisait déjà quelques mois que je me retenait ^_^. Pour votre plus grand plaisir, je vous offre une page gaguesque à l'humour lourd et gras finement distillé à toutes les pages du livre. Pour une meilleure lecture je vous conseille d'ailleurs d'enregistrer pi de zoomer, pour les néophytes je précise que les bulles se lisent de droite à gauche.

Sinon, j'ai également fouiné du côté des livres qui parlent d'obstétrique, de sages-femmes tout ça mais la société de consommation  m'a dissuadé de dépenser mes deniers. rendez vous compte, la plupart de ces livres valent 10 city hunter ou encore 15 best of 280. Moi je ne suis pas contre la culture hein, mais il faut au moins qu'elle soit gratuite et diffusée sur TF1 pour que ça m'interesse :o]]  (rooh oui je blague, j'ai même acheté un livre pour gens intelligents et interessés par leur futur métier cet été)

D'ailleurs, le pavé est jeté, pourquoi pourais-je être interessée par mon futur métier? Non pas que depuis toujours je sois fan d'accouchement, de bébés et de touchers vaginaux, ceux qui suivent le savent, mais je suis plutot fan de l'indépendance qu'on peut avoir.  Au niveau individuel on doit je pense (ça dépend surement des structures) pouvoir contribuer à faire que la naissance (l'avant, pendant et après) soit quelque chose d'humain et constructif pour la famille. Une sage-femme a des domaines d'exercices assez variés, des possibilités bifurcations interessantes. J'aime donc l'idée de pouvoir une fois diplômé faire "mon petit bazar" et gérer mon exercice comme je l'entends dans le cadre de l'établissement si établissement il y a. L'avenir me dira si j'étais dans l'utopie la plus complète ^_^. Oui bon, faire  "mon petit bazar" j'aurais sûrement pu le faire en dentaire aussi hein... mais j'ai préféré épargner la bouche des patients :o)
par schiz publié dans : Humeur
Dimanche 21 octobre 2007
Des fois (je vous l'ai suffisament rabaché ici je crois) je pense au prochain accouchement que je "ferai". D'ailleurs ça me gêne toujours un peu de dire  "faire un accouchement", même si ce n'est pas forcément visible dans nos maternités c'est quand même la mère qui accouche et cette expression a un coté deresponsabilisant voir infantilisant... les mamans n'ont pas besoin de ça en plus. On peut dire alors "accompagner un accouchement" mais dans ce cas je trouve que ça fait baba cool accouchons dans les champs, soignons nos enfants avec le souffle du vent. Je n'aime pas les extrêmes. Finalement entre professionels de la santé je garde "faire un accouchement" comme l'expression médicale admise. Face à une maman je me sentirais vraiment prétentieuse à lui dire "yeah salut je viens faire l'accouchement", je peux changer alors en disant accompagner/guider votre accouchement. Un jour une mère m'a demandé si j'allais faire l'accouchement, je ne sais plus trop ce que j'ai répondu sur le coup, une bêtise, si ça se reproduit (et ça se reproduira) je lui répondrai peut-être que non, ce sera elle, puis j'enchaînerais sur l'explication du rôle des différents intervenants. Il n'y a pas vraiment de réponse toute faites vu que les situations diffèrent.

Donc voilà, des fois je pense à l'accouchement je que ferai (oui on est entre nous hein, on peut jouer au docteur) tout bien comme dans les livres ce qui me ramène au premier où j'ai mis les mains. C'était avec celle qui est devenue, sans doute un peu grâce à ça mon "modèle professionel", la sf qui me fait baver, celle qui orne les murs de ma chambre, celle qui si elle ne fait pas pousser sur le coté lorsque la femme le demande c'est vraiment parce que la situation n'est pas top pour, celle qui si elle coupe c'est vraiment que le monde allait s'écrouler sans ça, celle qui n'a aucun défaut, fait la cuisine et lave plus blanc que blanc. Oui oui... cette phrase longue et immense phrase provient d'une adolescente en pleine poussée hormonale, mais ça aurait pu être pire, j'aurais pu devenir groupie de Tokio Hotel.

Flashback spécialement pour vous sur une journée presque ordinaire il y a fort fort longtemps (mais pas trop quand même):

Ma journée se termine dans quelques minutes. Je me retrouve dans cette salle de travail en face de cette femme que je connais depuis quelques heures. Je sais qu’une nouvelle fois je partirai plus tard...

La sage-femme me glisse à l’oreille de mettre mes gants, chouette, j’adore me retrouver du côté stérile de la force. Je prends mon pied à être celui qu’on ne doit pas frôler, l’être faisant parti du petit cercle autorisé à toucher le patient. Je me remémore alors, cette fois où mon front suait et ma main se rafraichissait au contact de viscères gluants. Le monde est différent avec les gants.

Les cheveux se rapprochent au rythme des expirations maternelles. La sage-femme ne touche à rien, elle guide à la manière d’un entraîneur. La tête se faisant plus pressante, elle me prend alors fermement les mains et les dirige sur ce crâne à moitié sorti. Nous sommes plus ou moins fusionnés moi, elle et le petit. Je suis gênée de ce que je ressens, une émotion qui habituellement reste loin, bien loin du travail et du monde médical.

Surprise, j’observe un moment de recul. Ne plus être maître de ses sentiments loin de l’intimité du foyer me déroute. Puis très vite, je reviens en me demandant où tout cela me mènera. Je me concentre sur mes mains qui ressentent à la fois la pression de la sage-femme et celle du bébé qui se voit chassé de son univers aquatique. Il naît, la mère est heureuse, moi je suis ailleurs, quelque part où les messagers de mes émotions me susurrent « Fatal Error, langage inconnu, analyse impossible ».
Ce fut donc un moment un peu bizarre, je ne suis pas de ceux qui s'extasient sur les bébés, les naissances et qui disent "kikou lol", l'émotion pour moi viendrait plus sur tout ce qu'engendre un enfant comme changement de vie, paris sur l'avenir toussa mais voilà, pour le coup je me suis retrouvée un peu conne, à mi chemin entre la personne censée accomplir un acte médical côté xxx euros par la sécu et l'être juste humain.
par schiz publié dans : Humeur
 

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