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Samedi 20 octobre 2007
Hop hop, revoilà schiz en direct de l'article du samedi. Ca fait du bien de quitter un peu l'école, le stage est sympatoche, je porte même une malette comme docteur Sylvestre (on voit les références). Ceci dit j'aimerais bien aller en salle (de naissance) maintenant que j'ai enfin eu des cours sur ce qui s'y passe ca devrait être encore plusse mieux.

Euh....  à part ça je n'ai pas grand chose à raconter, vous voulez que je parle de quoi? (schiz inaugure le blog dont vous êtes le héros et il suffit qu'elle pose une question aux lecteurs pour que personne se manifeste, c'est certain). Puis tiens, pour continuer dans l'interactivité, en troisième année on commence un mémoire qui doit être présenté en fin d'études et changer radicalement la vision mondiale de l'obstétrique, je vous demande donc gentillement de me trouver mon sujet de mémoire pour l'an prochain (et tant qu'à faire, de me l'écrire hein ne soyons pas avare).
Et puis, avec toutes ces grèves  internes/SNCF...moi ça me donne envie de remanifester avec les autres étudiants sf pour nos revendications dont tout le monde se  fout. Vous savez, lors des 1eres opérations "coup de poing" que quasiment aucun média n'a relayé, j'ai même failli mourir. Nous étions tous (c'est à dire une poignée d'étudiants, Numerus Clausus oblige) sur un pont où les voitures se croient sur l'autoroute et je me trouvais avec quelques camarades révolutionnaires sur la ligne blanche au milieu de la route en légère insécurité ^_^' une voiture très méchante m'a frôlé jusqu'à toucher mon sac avec son rétro. Finalement ça n'a servi à rien, c'est tout juste si les gens savent que la profession existe alors pensez bien.

par schiz publié dans : Niouz
Samedi 13 octobre 2007
Vous le savez tous plus ou moins, le milieu hospitalier est sujet aux comérages messes-basses et gromelages autour du planning. Ce que vous savez peut-être moins c'est que ce long apprentissage de libération de l'esprit humain commence dès l'école.
Vivant dans mon monde de Bisounours je n'avais plus ou moins rien remarqué la première année mais plus les semaines de cours passent, plus je ressens une certaine tension, chez le personnel, chez les étudiants, drôle d'impression d'être dans un mauvais épisode des Feux de l'Amour (je sais pléonasme).

Moi, je m'en fous plus ou moins, j'essaie de rester loin de tout ça, je ne vois pas trop l'interêt de foncer tête baissée dans une guerre fratricide mais je ne peux m'empêcher d'être interloquée lorsque je vois que l'exapsération collective monte au point que même des gens calmes et gentils commencent à en engueuler d'autre devant tout le monde. On nous disait l'an dernier que nous étions presque trop nombreux pour créer un "esprit collectif", c'était peut-être le "presque" qui était de trop. Forcément, à soixante douze dans une boite de sardines, avec des bruits inhumains dehors, une lumière anti-daltoniens il vaut mieux s'aimer pour survivre  supplice :o).

Ce qui est marrant c'est qu'en stage la tendance s'inverse totalement, on est heureux de rencontrer un copaing étudiant même si on ne lui a jamais parlé et qu'on ne le connait pas. Le milieu hostile renforce donc les sentiments d'attachement à la tribu. Très amusée également de voir comment l'arrivée du planning pour les stages à venir à créée un petit vent de folie: "et avec qui je vais faire des gardes? et comment mes nuits sont agencées? combien de fériés je travaille? combien de week end sont sucrés?". Oh je ne suis pas bien différentes des autres hein, ces questions je me les pose, sauf que je me dit simplement "on verra bien", j'ai pris ce que j'avais à prendre, le minimum, non je n'ai pas noté avec qui je serais en garde, et oui je suis un  peu dégoutée d'avoir un planning avec des jours, des nuits un jour de repos entre parsemés dans la semaine. C'est le cas de tout le monde, inutile de chercher qui qui a le meilleur.

Je développe donc une capacité de "je vais bien, tout va bien" salutaire à ma survie d''être non diplômé. Oh, j'ai les même horaires qu'une sf tortionnaire? Je vais bien tout va bien, ces remarques glissent sur moi telle les gouttes d'eau sur la peau d'un nageur nu et musclé. Je suis paumée au milieu d'un bloc avec des femmes partout, des monitoring à poser partout, des sf qui courent partout, et je n'ai qu'un cerveau, deux jambes et deux mains? Je vais bien tout va bien, une chose à la fois, si je veux tout faire en même temps je fais des bétises mieux vaut prendre un peu de temps que de semer des erreurs un peu partout.

Et bien sûr, encore une fois je repars en stage, endroit inconnu, gens inconnus, seule sur mon île déserte, forcément je m'inquiète. J'aime pas les situations que je ne connais pas, la veille d'un nouveau stage je me dis souvent: j'aime pas les gens, j'aime pas les gosses, j'aime pas demander "est-ce que je peux faire ci? et ça?" qu'est-ce qui m'a pris de me lancer la dedans c'est si bien d'être derrière un bureau et ne plus en bouger pendant 40 années de cotisations. Heureusement, souvent, une fois le territoire marqué ça va mieux, mon dernier stage ayant peut-être été le meilleur sur ce point paskeu c'est vachement bien travailler avec la même petite équipe même pas méchante, qui connait ta progression et s'investi pour te faire apprendre des trucs.

En tant que membre du poulailler j'entonne donc dans ma tête ce petit refrain: je vais bien, tout va bien, je suis  gaie tout me plait.
Samedi 6 octobre 2007
Lors de mes premières journées en salle de naissance, il y a maintenant fort fort longtemps (enfin pas trop quand même) j'ai été amenée à voir comment la/le sage-femme pouvait se retrouver dans une situation vitalement embarassante.

J'étais à côté de la sage-femme, le bébé né, youpi c'est trop cool, sauf qu'il est mou et bleu :/. Ni une ni deux, la sf toute stressée amène l'enfant sur la table de réanimation, et commence à installer tout le bardas pour le ventiler au masque avec moi qui ne sait alors quasiment rien faire à part tourner le bouton pour envoyer de l'oxygène. Le pédiatre a été appelé entre-temps et arrive quelques secondes/minutes après mais je sens bien la montée d'adrénaline de la sf qui peste de se retrouver seule à ce moment là et s'imagine sans doute le pire. Heureusement, comme dans la majorité des cas après quelques secondes sous le masque le bébé va beaucoup mieux et se recolore, le pédiatre arrive, continue un peu à la ventiler puis tout va bien qui finit bien.

Des bébés ayant besoin de soins de réanimation juste après la naissance je n'en ai pas vu beaucoup et finalement, quand on débarque dans un bloc inconnu savoir où se range le matériel de réa, quel tuyau se branche à quel machin se révèle être très important. Lors de mon dernier stage en salle de naissance, un pédiatre très intelligent avait pris quelques minutes pour m'expliquer comment tout fonctionnait, je n'ai heureusementi pas eu besoin d'appliquer mes connaissances fraîchement acquises mais je sais qu'au prochain bloc que je "visiterai" j'harcèlerai les gens pour qu'ils m'expliquent comment leurs machines fonctionnent.

Contrairement à un adulte pour qui la priorité c'est la circulation (d'où massage cardiaque), la priorité dans la réanimation d'un nouveau-né, c'est l'oxygénation. Pour apporter de l'oxygène à un bébé qui ne va pas bien du tout souvent on utilise un masque avec une poire sur laquelle on appuie et figurez vous que ce n'est pas si simple. Lorsque j'étais au bloc opératoire, j'ai déjà ventilé des adultes et pour que le masque soit étanche toussa ben c'est pas forcément évident. Plusieurs anesthésistes à qui j'ai parlé m'ont même dis que bien ventiler au masque était plus "dur" qu'intuber. J'imagine bien qu'oxygéner quelqu'un un long moment par exemple ne doit pas être la chose la plus reposante.

Mais, où veux-je en venir? Je pensais juste à un cas qui peut arriver dans la vie professionelle d'une sf. La sage-femme peut travailler dans différents types de maternités et certaines ne comportent pas de pédiatres de garde sur place. Si un bébé a besoin d'être réanimé elle doit alors le prendre rapidement en charge en attendant que le pédiatre arrive quelques minutes plus tard. Ce doit être une situation particulièrement stressante et comme toujours, plus on est stressé plus on doit rester caaaaalme, c'est bien fait la Nature! :o/. J'imagine la sage-femme avec l'enfant, l'amenant sur la table de réa, le ventilant et puis gloup's ça marche pas, il faut alors l'intuber sauf qu'il a plein de glaires qu'il faut en même temps aspirer....pifouf.... voilà une situation qui ne doit pas arriver souvent dans une carrière mais pour être rassuré dans sa pratique je pense qu'il est bien de pouvoir compter sur ses compétences et se dire "si ça tourne mal "mon" gosse je peux toujours le ventiler,  l'intuber (même si rater une intubation ça arrive à tout le monde), le masser..."

Moi je ne sais pas faire grand chose et au bout des 5 ans de formation je ne sais pas si j'en saurais assez à mon goût, mais au final, j'aimerais pouvoir compter sur moi et être indépendante au cas où... pouvoir gérer entièrement les personnes dont j'ai la charge et savoir leur garder un peu de vie s'ils se dégradent. Compter sur les autres et mettre en commun nos compétences c'est bien, mais pouvoir compter également sur soit le jour où on se retrouve dans le marécage de Schrek ça doit pas être si mal.
 

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