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Dimanche 6 avril 2008
Il y a des caractères qui ne s'accordent pas. Certaines sf adorées par certains étudiants se révèlent un épouvantail pour d'autres. C'est le cas de Pacifica.


Pacifica est une sf douce et gentille que j'ai connu il y a fort fort longtemps. On m'en disait du bien et je voyais le visage de mes congénères s'illuminer rien qu'en prononçant son savoureux prénom. Aaaah, Pacificaaaaa. Moi j'étais tranquilou dans mon stage, ça se passait bien, les gens paraissaient contents et on me lâchait du leste. Un matin arrive Pacifica et sa voix douce. Lorsqu'elle est à ce poste Pacifica semble stressée sans doute le fait d'avoir le chef tout près qui grogne de temps en temps. Mais Pacifica est la bonté incarnée, elle ne transmet donc pas son stress en criant sur l'étudiant (et pour une fois je ne suis pas ironique).

Voilà, je vais travailler toute la journée avec elle, youpi. Elle commence par me dire de ne pas faire ça, ni ça, et encore moins ça parce que je suis étudiante et que je peux faire une erreur qui se révèlerait embêtante à corriger. Okaaaay, ça commence bien... je ne peux donc quasiment rien faire face à ma patiente (elle veux changer de position? noooooooon si ce n'est pas sur le côté gauche faudra l'aval de Pacifica, sa tension est bonne je coupe et le note sur le dossier, nooooooooooooooooooooon il faut d'abord trouver Pacifica! etc etc). Ma sf m'envoie donc faire des trucs par ci par là avec la moitié des trucs que je ne peux pas faire sans son accord et avec tout ça je m'embrouille et deviens super mais alors super nulle.

C'est simple, j'ai dû travailler deux jours avec elle mais durant ces deux jours j'ai cumulé toutes mes conneries pour ce stage. Je me sentais très mal et avais l'impression d'être ZE Boulet. Pour m'ensortir, j'ai fais de gros efforts, j'entrainais mon cerveau à faire abstraction de Pacifica. Je gérais mes patientes comme si je travaillais avec n'importe quelles autres sf mais à la fin je mettais une sorte de filtre Pacifiquien et rayais tout ce à quoi je ne devais toucher: pas de prot dans les urines? je ne jette pas le pot, la tension est bonne? je laisse le brassard, la femme en a marre d'être sur le coté gauche, le rythme est bon? elle ne bouge pas et j'irai trouver Pacifica etc  etc...  Seulement Pacifica est complexe, des fois je peux faire des choses et d'autres fois, selon la situation je ne peux pas faire ces mêmes choses.

Au final ça m'a gavé. On aurait peut-être pu s'entendre avec Pacifica si je l'avais connu au tout début et qu'il me restait du temps pour assimiler son mode de fonctionnement. De part mon énorme boulettisme à ses côtés j'ai du les causer quelques tracas dans son travail quotidien mais étant la bonté incarnée Pacifica ne m'a jamais engueulé. Pacifica est donc très gentille, s'investit dans la prise en charge des étudiants (à sa manière disons...) mais il y a un petit truc qui ne passe pas entre nous. Dommage.


A l'opposé je me suis parfois entendu avec des sf qui faisaient peur à d'autres. En général ce sont celles plutôt "dynamiques" qui n'aiment pas être emmerdée. Elles débarquent et faut que ça roule à toi de te dépatouiller... Bon c'est stressant au début mais lorsqu'elles voient que tu peux faire des choses biens elles se calment et deviennent plus "pédagogues". Vaec celles-là je peux devenir meilleure q'à l'accoutumé, c'est ainsi que durant un stage je réussissais quasiment tous les cathéter que je devais poser (oui des fois je rate je ne suis pas Dieu), les premiers faits avec la pression "uech allez faut que ça marche" les autres avec la dynamique "ouai c'est bon je peux le faire, on me fait confiance en plus et si jamais je rate ben c'est la vie". Voilou, c'est con de marcher à la pression, je vais finir avec un ulcère mais il y a pression et pression... Mais toussa c'est compliqué et je ne voudrais pas vous donner mal à la tête. :o)

par schiz publié dans : Travail
Jeudi 3 avril 2008

Allez, soyons fous, je me lance dans une discussion philosophique!
Il y a quelques temps j'ai vu une gentille esf toute fraîche qui donnait des questionnaires à remplir aux sf sur l'épisio. Une des questions était grosso modo
"est-ce vous couchez avec des femmes?" De là on suppose les interrogations de l'étude est ce quand on a une petite amie on cherche plus à préserver le corps des femmes, veiller à faire une cicatrice des plus jolies etc... (genre on a pas envie d'avoir un périnée toumosh dans son lit)


Moi je vais élargir ma modeste réflexion en ne limitant pas le verbe aimer  aux relations sexuelles, mais en le prenant dans le sens bisounours humaniste "aimer son prochain". Par ailleurs je vais être restrictive sur la définition d'une bonne sf et associer le qualificatif "bon" à ce que jugent généralement les patitentes: la bienveillance, l'attention etc...

Donc voilà, faut il aimer les femmes pour être une bonne sf? Les professionels qui me marquent le plus à qui j'aimerais ressembler quand je serais grande sont souvent ceux qui ne prenant pas leurs patientes pour des imbéciles et arrivent à les dépatouiller d'une situation émotionnellement compromise en quelques instants. J'ai souvenir ainsi d'une gynéco pour le moins dynamique qui entre en salle de césarienne où se trouve une patiente arrivée à dilatation complète ayant des jumeaux. Le fait d'être en salle de césarienne est une simple précaution, l'accouchement se fera par voie basse, mais bon, tout ceci est plutôt anxiogène pour la madame et à sa vue la gynéco devient tout douce et va gentillement lui parler à son oreille pour lui expliquer en gros ce qui va se passer. Est-ce une preuve d'amour? (Mein Gott j'ai l'impression de parler comme Jésus).

Quand on aime quelqu'un on, on continue à l'aimer malgré ses défauts qu'on arrive à surpasser, voir à les percevoir comme "meugnon". Une femme c'est naturellement chiant, ça passe sa vie à vous appeler pour savoir où vous êtes, ça va se ruiner dans les magasins, ça parle de règles à table et quoique vous fassiez vous avez tort et vous comprenez jamais rien. (je caricature un poil). Comme l'homme, la femme est gouvernée par ses hormones et la femme enceinte en a des tonnes!! La femme enceinte se trouve grosse et pataude, la femme qui accouche est excitée, la femme en suite de couche pleure et déprime. (je caricature toujours). Mais bon une femme enceinte ou qui a accouché avec toutes ces facettes ça peut être mignon aussi. Je me souviens d'une femme qui me posait tout plein de questions du genre "vaut mieux une couverture polaire ou en coton?", d'autres comme si elles passaient un examen sont très désireuses de montrer qu'elles peuvent tout gérer. Je trouve ça rigolo, je tempère et je suis peut-être vieux jeu mais j'ai un certain côté paternaliste avec ces femmes que je ne hais point.

En ce qui concerne le rapport au corps, j'ai entendu dire par une sf (très sympa par ailleurs) à une patiente alors qu'elle s'apprêtait à faire un toucher vaginal: "ne vous inquiétez pas je vais doucement, je suis une femme aussi hein". Je ne suis pas trop d'accord avec ce genre de discours parce qu'êttre une femme n'est pas la condition principale pour ne pas être tortionnaire avec elles surtout que les hommes sf peuvent aussi faire des examens gynéco "non traumatiques". D'un autre côté, certaines femmes (comme certains hommes aussi) peuvent sembler plus sportives, peut-être parce qu'elles se disent "ué bon un TV j'en ai eu aussi c'est pas la mort hein". De là on retombe sur l'amour (Jesus in my mind). Etre un homme ou une femme importe peu, il faudrait alors aimer la femme et son corps pour le préserver.

Doit-on alors différencier le sentiment d'amour et la notion de respect? Si j'étais vieux jeu jusqu'au bout, je dirais qu'un professionel de santé doit être neutre et objectif envers ses patients, savoir être en retrait et l'écarter de ses sentiments et ainsi faire du respect son mot fétiche. On n'est pas obligé d'aimer pour respecter. Un professionel qui respecte et n'aime pas est-il meilleur qu'un qui aime et respecte en même temps? Quels sont leurs différences de comportement? Même si je reste objective j'aime quand même mes patientes avec leurs idées parfois biscornues et leur corps que je m'effroce de respecter comme il se doit. Mais au final est-ce que ce n'est pas par amour du travail bien fait et du statut de soignant (c'est à dire finalement l'amour envers moi même et ce que je représente/donne à représenter) que j'en arrive à "aimer les femmes"? Je m'aime moi, j'aime qu'on m'aime donc j'aime faire du bon boulot donc j'aime celles qui me permettent finalement d'exister en tant que schiz, esf. Vous suivez? C'est tordu hein? C'est une hypothèse mais elle ne doit être que partiellement vrai que je ne me résume pas à ma caractéristique d'esf et les femmes ne se résument pas à celle plus ou moins encinte que je croise dans mes périgrinations scolaires.


Quoiqu'il en soit ce n'est pas la réponse qui compte mais le fait de cheminer dans une réflexion. D'abord parce que ça m'amuse et ensuite parce que.... ça m'amuse! :o) (en fait je suis un tit n'enfant qui n'a pas dépassé le satde du "et pourquoooooooi?") :o]
 
Mardi 1 avril 2008
Loin de moi l'idée d'écrire un gros article de fond sur les pjet de naissance (pdn soyons moderne, acronomisons) mais je vais quand même en parler un petit peu car ça m'interpelle.

Théoriquement (enfin comme je l'imagine aussi) le pdn doit être le fruit d'un échange en la femme enceinte et la personne qui la suit. La femme discutant de ce qu'elle aimerait pour son accouchement, le professionnel de santé disant ce qui est réalisable et orientant vers un établissement adapté.

En pratique je lis souvent des pdn aux mentions très...bizarre. Bon déjà lorsqu'une femme débarque avec un document écrit beaucoup d'sf et d'esf sont choqués car trouve ce mode de communication très formalisé, froid, voir procédurier. C'est vrai c'est quand même plus sympa une maman qui nous explique ce qu'elle veut plutôt qu'un papier plus ou moins long à lire dans son coin mais bon je peux comprendre qu'un support écrit est utile dans certaines ciconstances et puis notre socitété voue un culte à l'écrit.

La magie d'internet fait qu'on peut sortir des pdn tout prêts où il suffit d'arranger un peu à sa sauce (mettre son nom quoi). Pour l'échange et la réflexion on repassera ^_^'. Il y a des pdn qui découlent du bon sens et là je me demande vraiment ce que les gens pensent de nous (professionnels de santé) pour écrire ça, petit exemple:

- je ne souhaite pas d'extractions instrumentales sauf si la vie de mon bébé en dépend. (ils pensent quoi? qu'on s'amuse à faire des spatules comme ça pour le fun?)

- je ne souhaite pas d'épisiotomie sauf si elle se révèle absolument nécessaire (idem, je n'ai jamais vu "couper" par pur plaisir, il y a toujours une justification au geste, et d'ailleurs elle doit être écrite sur le dossier, maintenant il y a des différences de pratique entre professionnels. Par exemple une sf face à un bébé très gros décidera de faire une épisio pour ne pas se retrouver très emmerdée si elle se retrouve face à une vraie dystocie des épaules, une autre estimera que l'enfant va passer et oui, la dystocie des épaules c'est  rare, dans la plupart des cas ça passera maintenant qui peut être sûr? Ce qui est sûr c'est que si t'as pas fait d'épisio et qu'à posteriori on se rend compte qu'elle aurait pu être utile, le gentil procès te pend au nez.)

- je souhaite accoucher dans la paille avec un boeuf et un âne pour me tenir chaud. (Bon, là
 c'est pour dire que des fois on voit des trucs "bizarres", on se demande où les gens vont chercher tout ça... quoi? dans la Bible? :o] )

Tout ça pour dire que je regrette la perte de confiance entre patientes et professionels qui amènent les gens à se méfier, à se renseigner n'importe où, à s'imaginer une montagne de pas grand chose (il y a des femmes par exemple qui croient qu'on va leur imposer la péridurale même si elles ne sont pas très d'accord). De l'autre côté les professionnels travaillent avec le spectre du tribunal qui leur fait copier en 12 exemplaires chaque acte qu'ils font et ça influe en partie sur les pratiques, on prescrit des bilans pour se couvrir, on fait des pH au scalp toutes les heures, juste avant la poussée etc...

Alors certains me diront qu'on l'a bien cherché, fallait pas pendant des années faire des recommandations aberrantes comme: "toutes les primipares doivent avoir une épisio, toutes les femmes ayant déjà eu une épisio doivent en ravoir une" (donc 100% ont une épisio) et heureusement qu'il y a aussi des patientes qui se "rebellent" mais voilà, nous pauvres petits gens qui essaient de faire aux mieux pour nos patients on se sent parfois agressés snif.

Donc voilà, les pdn c'est "hype", ça ne me choque pas, c'est même bien que le femme garde la main sur son accouchement mais la rédaction avec une sf ou obstétricien est nécessaire pour bien informer la patiente sur le pourquoi de certaines pratiques (comme placer un catheter par exemple), sur ce qui est envisageable et sur les établisssements adaptés au projet. Il faut aussi préparer la patiente que ce projet...n'est qu'un projet et que dans la vie il y a des imprévus, les gens qui prennent la patiente en charge sont là pour aller le plus possible en son sens mais également pour que la maman et le bébé arrivent en bonne santé à la fin.

Sinon, je suis toujours en quête d'un sujet de mémoire... il y a un petit moment maintenant j'ai appris l'existence des doulas: femmes sans compétences médicales soutenant des femmes durant leur grossesse/accouchement/post partum en plus du suivi d'une sf ou gyneco moyennant une somme permettant d'acheter un ordinateur portable (ce dont la geek que je suis rêve pour pouvoir bloguer dans mon lit hehe). Alors la je me dis merde c'est quoi ça? soit elle suit la femme et c'est une sf ou gyneco, soit c'est une copine/tante/moman et se faire payer c'est moyen. Qu'apportent elles en plus d'une bonne prise en charge par la sf? Donc voilà, il y a plein de questions qu'on peut se poser, le thème n'a jamais été traité à l'école (voir ailleurs?) et ça serait pas mal d'éclaircir les choses là dessus. Maintenant si je veux vraiment me lancer la dedans il faudrait que je cible bien le sujet/la problématique (car avec le temps qu'on a on ne peut pas tout explorer) et surtout que je trouve des personnes (doulas, patientes, sf) voulant bien se prêter au jeu de m'expliquer un peu leur point de vu ce qui n'est pas forcément gagné puisuqe je vois bien arriver une guerre froide doulas/sf.
 

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